Débat avec Hubert Védrine à la Sorbonne

IMG_4768Pour sa troisième conférence de l’année, le Collectif Roosevelt Sorbonne recevait Hubert Védrine, auteur de “La France au défi” (2014).

Il s’agissait, lors de cette soirée-débat, non de recevoir un partisan des idées du Collectif, mais de confronter les points de vue.

Hubert Védrine fut Ministre des Affaires Étrangères entre 1997 et 2002. Aujourd’hui, il dit lui-même ne pas se définir comme un spécialiste d’économie, ni même un acteur politique. Son dernier ouvrage revient pourtant sur des thématiques liées aux champs de proposition du Collectif Roosevelt. C’est pourquoi, il nous a paru légitime de proposer à nos amis de la Sorbonne une occasion de débat argumenté et contradictoire avec un acteur institutionnel influent.

IMG_4780Les thèmes de la conférence avaient préalablement sélectionnés par les participants à un sondage participatif. Sur six thèmes présents dans “La France au Défi”, 85 personnes ont choisi de mettre ces trois thèmes en perspective :

  • Europe et Mondialisation
  • L’économie française dans le Monde
  • Une grande coalition en temps de crise ?

Le propos de la première partie s’est concentré sur la définition des termes “valises” d’Europe et de Mondialisation. Hubert Védrine a pris le parti d’ensuite parler des mentalités. Selon lui, elles forment la part majeure des “blocages” français. De son point de vue, elles sont la source de l’irréformabilité de la France.

Alors s’est engagée la deuxième partie sur les marges de manoeuvre de l’économie française dans ce qu’il est convenu d’appeler la mondialisation. Le débat s’est centré sur la divergence de positions entre Mr Védrine et le Collectif Roosevelt. À la nécessité de s’adapter à la compétitivité des autres pays s’est opposée la nécessité de s’adapter à la productivité occidentale depuis les quatre dernières décennies. C’est ainsi que nous avons pu discuter notre idée du partage du temps de travail et la semaine de quatre jours. Le consensus s’est d’emblée trouvé difficilement atteignable. Hubert Védrine a voulu préciser qu’il n’était “absolument pas en accord avec l’idée qu’il faille travailler moins pour résoudre le problème du chômage”.

IMG_4752À l’appui du graphique de” la croissance française depuis les années 1960″, des arguments de fond en faveur de la semaine des quatre jours, et des objections venues de la salle, les dissensions se sont avérées de moins en moins fortes sur le diagnostic à porter sur la situation actuelle. C’est ainsi qu’Hubert Védrine a demandé que nous lui envoyions les ouvrages de nos fondateurs.

La conversation a dû glisser vers le troisième thème choisi par les participants à notre sondage en amont de la conférence. L’idée d’Hubert Védrine d’une “coalition en temps de crise” est de rassembler ponctuellement les partis dominants au Parlement pour voter des réformes “d’intérêt général”. Cela permettrait, pour lui, d’éviter que les partis continuent de jouer un jeu politicien à la faveur d’une union pragmatique. Nos objections se sont alors posées : en quoi ne peut-on pas dire que cela soit pas déjà le cas au Parlement Européen? Et de même, pourquoi ne pas dire la faible sensibilité de l’alternance au pouvoir n’est pas le symptôme d’une coalition déjà effective de fait ? Sur ces remarques, nous avons eu un approbation pour la première, et pas de réponses sur la seconde.

Le Collectif Roosevelt Sorbonne clôture ainsi sa première année d’existence. Notre expérience n’avait qu’une vocation : faire entrer le débat public à la Sorbonne. Nos trois événements ont permis d’apporter cette opportunité.

  • En février, nous avions discuté de la responsabilité du politique face à la situation de l’emploi en Europe (avec Anne Houtman, Fabien Cazenave, Dany Lang et Antonin Cohen).
  • En mars, nous avions tenté de voir quelle serait la finance “d’après crise” (avec Paul Jorion et Christophe Nijdam).
  • En mai, nous avons confronté les points de vue du Collectif Roosevelt à la “France au Défi” d’Hubert Védrine.

Force est de constater que nous avons pu solidifier nos positions, enrichir nos perspectives et acquérir de l’expérience dans le débat. Le Collectif Roosevelt Sorbonne est passé de quatre membres fondateurs à une équipe de neuf membres. Le ratio d’étudiants présents à nos soirées-débat est passé d’une extrême minorité (souvent ‘initiés aux propositions du Collectif Roosevelt) à une majorité de curieux. Nous espérons continuer à nous ancrer dans le paysage universitaire, et ainsi le Collectif Roosevelt gagnera encore en notoriété. Nous avons initié ce mouvement, nous comptons le perpétuer. Nous vous attendons à la rentrée de septembre pour reprendre notre activité sur le campus de la Sorbonne.

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