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Notre avis sur les conclusions à tirer de la COP21

Nos 4 objectifs présentés dans la newsletter de novembre n’ont pas été atteints

 

  1.   A minima, l’accord aurait du être contraignant, c’est à dire comprenant des mécanismes juridiques sanctionnant les Etats qui ne le respecteraient pas : ce n’est pas le cas
  2.  Les Etats auraient dû s’engager sur des réductions de leurs émissions de gaz à effet de serre permettant de limiter l’augmentation de la température moyenne de la terre à 2°Cpar rapport à 1850. Ce n’est pas le cas, nous sommes sur une trajectoire de 3°C environ et il n’existe pas de mécanisme obligeant les Etats à revoir leur contribution. Un nouvel examen est programmé pour 2023 ce qui sera beaucoup trop tard.
  3. On aurait pu imaginer que l’ONU impose des réductions à chaque pays en fonction de sa population, de sa richesse et du niveau d’émissions déjà atteint etc. Ce n’est pas le système qui a été choisi. 
  4.  Enfin, cet accord aurait dû préciser comment les pays riches prévoyaient d’alimenter le Fonds Vert de 100 milliards de dollars par an, fonds destiné à aider les pays pauvres à financer leur transition et leur adaptation au nouveau climat de demain. L’engagement reste mais l’accord ne précise pas les modalités d’abondement de ce fond vert.

bilan cop21

1,5°C : un objectif inatteignable trompe-l’oeil 

A l’origine, depuis le début du processus onusien, les mobilisations demandaient la limitation du réchauffement à +1,5°C. Or le sommet de Copenhague en 2009 a permis d’obtenir un consensus autour de 2°C de réchauffement, ce qui a popularisé ce chiffre. Ainsi, le mouvement climatique international avait ainsi suivi le mouvement et avait retenu cet objectif beaucoup moins ambitieux. Peu de groupes continuaient à demander +1,5°C, et ces groupes provenaient des pays les plus vulnérables au changement climatique, à savoir les pays du Sud.

C’est pourquoi l’annonce du soutien de l’Allemagne dès le début de la COP21 a été vécu comme un coup de théâtre. Très vite d’autres pays du Nord ont suivi, avec la France, suivie des Etats-Unis… A la fin du sommet, l’objectif a été intégré dans le texte mais sans la moindre précision quant à sa poursuite. Le seuil de 2°C reste l’objectif principal mais les pays doivent “tenter” de rester sous 1,5°C.

Ainsi ce chiffre n’est qu’une annonce, une promesse sans l’ombre d’une garantie.

Pire encore, les pays du Sud ont peu à peu compris les raisons d’un tel engouement : les pays du Nord ont mis en avant ce chiffre très ambitieux pour pouvoir retirer plusieurs éléments importants du texte sans ternir leur image, comme la mention des droits humains et des droits des peuples autochtones. Alors que différentes pratiques d’intimidation et de pressions ont été mises à jour dans la presse, cela n’a pas été relayé en France. Les médias n’ont pas montré en quoi le soutien de 1,5°C était une manœuvre politicienne avant tout, destinée à faire plier les pays du Sud sur d’autres points clés de la négociation.

Un accord largement présenté comme un “succès” “historique” dans les médias

Alors que nous savions que l’accord “devait” être un succès – dans un contexte de difficultés croissantes dans les négociations, et dans le contexte politique français où la COP21 est le seul sommet international du mandat de François Hollande – le mouvement climatique prévenait les citoyen-ne-s depuis plus d’un an qu’il faudrait veiller au contenu de l’accord et ne pas reprendre le discours politicien si une signature avait lieu.

Pourtant les médias, y compris de gauche, ont été quasiment unanimes à présenter cet accord comme positif et historique. S’il est vrai que cet accord est le premier du genre, nous avons vu qu’il ne suffira en rien à freiner la machine climatique infernale. Pire, il donne l’illusion d’un progrès.

Ainsi il apparaît nécessaire de continuer à insister sur le fait que le véritable progrès ne pourra venir que des citoyen-ne-s, que les réelles avancées se trouvent dans les résistances aux grands projets inutiles et imposés comme le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, et qu’il suppose de mettre en question les fondements mêmes de notre système économique.

 

Bruno Lamour,

Président du Collectif Rossevelt

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