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Le partage du temps de travail, on en parle en 2017 !

Alors que l’année 2017 vient tout juste de commencer, nous nous dirigeons chaque jour un peu plus vers l’effervescence de la campagne présidentielle. Le 29 janvier, la Belle Alliance aura choisi son champion. A la mi-mars, nous entrerons alors dans le vif du sujet, avec les candidats qui auront déposé leurs 500 signatures, laissez-passer indispensable pour battre campagne par la suite.

Au Collectif Roosevelt, cela fait déjà plusieurs mois que nous travaillons sur le partage du temps de travail. Il y a quelques mois, le sujet semblait complètement absent des débats, ignoré de l’agenda politico-médiatique. Pire, la thématique inverse, le retour au 39h, avait fait son apparition dans les programmes et les discours des candidats à la primaire de la droite et du centre.

Après avoir multiplié les conférences-débats dans toute la France, après avoir écrit un livre (Stop au chômage et à la régression sociale, Editions de l’atelier), et bientôt un second en partenariat avec 24 autres mouvements citoyens (Chômage, précarité : halte aux idées reçues, Editions de l’atelier), il nous semble que la réduction du temps de travail est revenue dans les débats. Certes, ce qui semble être, à nos yeux, un enjeu de société majeur, reste un sujet encore trop peu discuté. La question du temps de travail fait clivage, à droite comme à gauche, au sein des appareils politiques ou dans la société même. Au Collectif Roosevelt, nous pensons qu’il n’y a pas d’unique solution, pas de formule magique.

Mais ce dont nous sommes certains, c’est que la redistribution du temps de travail constitue la politique la plus ambitieuse et la plus efficace afin de réduire le chômage et la précarité en France. A l’heure où les femmes et les hommes politiques peaufinent leur programme en vue des prochaines échéances électorales, nous nous félicitons de la place qu’occupe la question du temps de travail au sein de la société. La société évolue, le monde du travail se métamorphose et un nombre trop important de citoyens sont délaissés, il devient donc urgent de nous emparer de cette question.

En parallèle, nous souhaitons lancer une réflexion sur le revenu universel au sein du Collectif Roosevelt. Cette mesure, empreinte de justice sociale, va jouer un rôle de premier rang au cours de notre année électorale. Nous ne pouvons donc la laisser de côté. Toutefois, nous considérons que le revenu universel ne peut être pleinement efficace que lorsqu’il est corrélé à une politique de réduction du temps de travail. C’est dans ce sens que nous allons étudier ce sujet, et non dans l’idée que celui-ci puisse se substituer à une véritable réflexion sur le travail.

La route est longue jusqu’à ce que nos idées s’imposent dans les esprits et les programmes politiques. Mais depuis quelques mois, nous avons déjà parcouru une grande partie du chemin qui nous mènera demain, à une société plus juste, plus équitable, sans laissés pour compte.

Nous nous réjouissons donc de la place que devrait occuper la question du temps de travail au cours de cette année 2017. Nous encourageons les candidats aux élections, les femmes et les hommes politiques, les mouvements citoyens et surtout les citoyens à s’emparer de cet enjeu, à diffuser cette idée et à engager le débat sur le partage du temps de travail.

Souvenez-vous cet adage : « Les idées deviennent dominantes lorsqu’on commence à les piller ».

 

Grégoire Bienvenu

Bonus : Retour sur la conférence du 21 novembre 2016 à Besançon qui a rassemblé plus de 400 personnes.