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Autrement dit, autrement fait

 

AUTREMENT DIT, AUTREMENT FAIT

UN PROJET POLITIQUE ISSU DE LA SOCIETE CIVIQUE

Première partie

Ce texte est actuellement en cours de finalisation dans son entier ; nous souhaitons cependant mettre en débat largement dès maintenant sa première partie (17/11/2016)

CONSIDERANTS

Un peu partout un autre monde se forme et bourgeonne. Un monde de l’après néolibéralisme, un monde qui veut en finir avec la domination de la finance spéculative et de la corruption, un monde qui refuse la monopolisation du pouvoir par un tout petit nombre d’ultra riches ou d’ultra violents. Un monde respectueux des équilibres naturels et de la qualité des liens que les humains tissent entre eux. Mais ce monde-là saura-t-il éclore à temps ?

Chacun le voit, le sait, ou le pressent : l’humanité est peut-être à la veille d’ effondrements majeurs. À tout moment peut, par exemple, survenir une nouvelle crise financière qui menace d’être bien plus violente et dévastatrice que celle de 2008. En effet, le remède qui y a été apporté – la création d’une gigantesque bulle monétaire destinée à renflouer les banques – n’a fait qu’aggraver les risques et ne pourra donc pas être utilisé une nouvelle fois. Si elle survient, quand elle surviendra, cette crise financière sera à la fois le révélateur et l’amplificateur des cinq crises majeures auxquelles il nous faut dès à présent faire face : la crise économique, la crise sociale, la crise politique, la crise environnementale et la crise du sens.

Cinq crises :

La crise économique. Dans ceux des pays les plus riches qui, comme la France, ne sont pas en mesure de capter la rente issue de la spéculation financière et d’exploiter une main d’œuvre à très bon marché, la croissance du PIB n’est plus au rendez-vous. Trop faible, elle laisse sur le carreau de larges pans des classes populaires et fragilise les classes moyennes. Ailleurs elle s’effectue dans le non-respect des normes sociales et environnementales de base.

La crise sociale. Prises dans le maelstrom de la globalisation rentière et spéculative, les sociétés se fracturent et assistent, impuissantes, à la perte du sentiment de commune socialité entre les globalisés – ceux qui profitent d’une manière ou d’une autre de la globalisation -, les inclus – ceux qui bénéficient encore des protections liées au salariat traditionnel -, les marginaux – ceux qui les ont perdues -, et les exclus – ceux des « quartiers », notamment, qui peinent à s’en sortir.

La crise environnementale. Dans la situation politique et morale du monde actuel, l’humanité doit faire face aux gigantesques et pressants défis que représentent le réchauffement climatique, la raréfaction des ressources énergétiques et minières classiques, l’extinction des espèces animales et végétales, la montée inexorable de la pollution de l’air, des eaux et des sols.

La crise politique. Face à ces trois crises, les femmes et les hommes politiques professionnels, héritiers de cadres de pensée anciens et de plus en plus inadaptés, ne savent plus ni quoi penser ni quoi dire. Tous rivalisent de promesses de retour du PIB. Un PIB plus ou moins mâtiné d’un peu d’écologie. Mais la croissance du PIB n’en finit pas de ne pas revenir et partout dans le monde, les partis de la droite ou de la gauche traditionnelles explosent pour laisser la place aux solutions imaginaires proposées par divers extrémismes. Ainsi s’engendrent les monstres.

La crise du sens. Dans cette planète globalisée en crise, toutes les échelles spatiales et temporelles héritées se disloquent et se télescopent. À quel niveau doit-on faire du commun ? Familial, local, régional, national, continental, mondial ? Et dans le cadre de quelle culture, de quelle religion, de quelle spiritualité, de quelle idéologie ? Avec quelle valorisation, respectivement, du passé, du présent, de l’instant ou de l’avenir ? Faute de réponse assurée à ces questions, l’éducation et la transmission des savoirs deviennent de plus en plus incertaines, et la tentation grandit du chacun pour soi, dans une logique de sauve-qui-peut généralisée qui alimente en retour les quatre autres crises.

Une autre politique

Pourtant, en dehors du jeu politique institué et de la scène médiatique, c’est un tout autre monde qui s’invente à travers des milliers ou des dizaines de milliers d’initiatives. Un autre monde plus fraternel, plus coopératif, mais aussi plus efficient, plus responsable, inventant sans cesse les solutions que les experts institutionnels peinent même à imaginer. Un monde plus démocratique, soucieux du bien commun des humains et de la nature. Ce monde est celui de la société civique, qui se construit dans les marges que lui concèdent le Marché et l’État. Déçu par trop de promesses non tenues, exaspéré par les postures politiciennes habituelles sans prise effective sur la réalité, il se tient à l’écart de la politique. Toutefois, c’est lui qui est le plus porteur d’espoir. Or cet espoir il ne pourra le concrétiser qu’en rendant pleinement visibles les solutions dont il est porteur. Et cela il ne pourra le faire qu’en entrant aussi dans ce monde médiatique et politique dont il se méfie. Mais, pour rester lui-même il lui faut le faire autrement.

Entrer dans le champ politique autrement cela veut dire trois choses :

1. Le faire dans la perspective d’une rénovation radicale du jeu démocratique, qui donne effectivement la parole au plus grand nombre en complétant les institutions de la démocratie représentative par des instances de démocratie directe ou participative effective.

2. Promouvoir tout ce qui permet de coopérer et de retrouver le sens du commun, dans le respect des différences et des oppositions.

3. Proposer et défendre tout un ensemble de mesures politiques basculantes, non portées par les partis politiques traditionnels. Des mesures peuvent être dites basculantes lorsqu’elles exercent un effet de levier considérable sur tous les rouages de la vie sociale et politique. Et aussi lorsque, une fois adoptées, personne n’imagine plus pouvoir revenir en arrière tant elles paraissent soudain évidentes, alors que pourtant bien peu y croyaient au départ. Exemple : la création du RMI en 1989. Ou, quelques années plus tard, de la CSG. C’est un ensemble de mesures potentiellement basculantes issues de multiples discussions et prises de position de la société civique que l’on présente ici.

Statut de ces propositions basculantes

Il faut préciser tout de suite que bien des problèmes qu’affrontent nos sociétés seraient résolus, ou infiniment plus faciles à résoudre, si les États parvenaient à récupérer une partie des dizaines de milliers de milliards de dollars ou d’euros mis à l’abri dans les paradis fiscaux. Il faut, bien sûr, tout mettre en œuvre pour aller dans ce sens. Mais le succès est loin d’être garanti. Seule une mobilisation particulièrement puissante de la société civique internationale pourrait y contribuer. Or, pour l’instant, le jeu politique se joue d’abord à l’échelon national. De même, une croissance authentiquement verte serait également bienvenue. Et, sans même parler de croissance verte, il est clair qu’il y a d’importantes marges de manœuvre économique à récupérer en s’affranchissant autant que faire se peut des normes d’austérité suicidaires imposées par les instances européennes actuelles.

Mais un projet politique civique doit d’abord raisonner en se demandant comment remédier aux quatre crises majeures à affronter, et comment rendre la société plus harmonieuse, collaborative et pacifique, même s’il devait ne pas y avoir de croissance significative du PIB. Une telle démarche est d’autant plus nécessaire que si une crise financière éclate, alors ce n’est pas seulement à la quasi-stagnation du PIB qu’il faudra faire face mais bien à sa régression.

Les propositions de mesures qui suivent veulent être des réponses aux cinq crises majeures. Parmi les dizaines ou les centaines de mesures à adopter, ont été retenues celles qui paraissent les plus emblématiques et qui appellent les autres. Puisqu’on raisonne hors croissance du PIB, elles peuvent généralement être adoptées à budget constant. Bien sûr, énormément d’autres mesures pourraient et devraient être prises si l’argent de la fraude fiscale rentrait ou si la croissance repartait. Ce serait autant de lits d’hôpital, de places à l’université, de prisons modèles, de tribunaux désengorgés etc. en plus. Mais il y a beaucoup à faire, l’essentiel peut-être, même en l’absence de ces moyens financiers supplémentaires. Et le plus tôt sera le mieux.

 

A suivre.

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